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Il n'y
a pas d'heure
J’ai beau
compter le temps qui passe
Il n’y a pas d’heure pour
l’arrêter
J’ai beau filer entre les masses
Il n’y a pas d’heure pour être né
J’ai beau trouver dans les sourires
De quoi remplir mon baluchon
Il n’y a pas d’heure pour en mourir
Pas d’heure non plus pour être con.
J’ai
beau retourner les images
Il n’y pas d’heure pour les unir
J’ai beau traverser les miroirs
Il n’y pas d’heure pour les polir
J’ai beau tourner entre les pages
Il n’y a pas d’heure pour les écrire
J’ai beau
signer en blanc et noir
Il n’y a pas d’heure pour me relire
Il
n’y a pas d’heure, seulement du temps
Du petit vent à l’ouragan
Des souffles d’air dans les oreilles
Un souffle au cœur qui s’émerveille
Un petit rien, au creux du tout
Il n’y a pas d’heure pour être fou
Pas d’heure non plus pour la détresse
Seulement du temps qui nous délaisse
Du temps maudit, du temps d’avant
Du temps redit, du temps suivant
Il
n’y a pas d’heure, le temps se tait
Il n’est pas le bruit d’un rouage
Mais bien le même à chaque orage
Jamais trop là mais toujours prêt
Il n’y pas d’heure, pas de surligne
Seulement un flot qui se déligne
Un flot sans fin ni foi maligne
Un flot de vin de bonne vigne
Du
temps
qui rêve, des heures qui tendent
Les choix de trêve parfois attendent
Pendant que les horloges se fendent
Sous le vieux bruit de leurs éclats
La guerre des heures, toujours sanglante
Qui reconstruit sur toutes les pentes
Pendant que des miséreux chantent
Le peu qu’il leur reste de voix
Il
n’y a pas d’heure, seulement des joies
Le singe apprend à être soi
Il n’y a pas d’heure, pas de faux bruit
Seulement l’eau de nos vieux fruits
Il n’y a pas d’heure, seulement des lyres
Qui tintent l’or de nos sourires
Il n’y a pas d’heure, comment dormir ?
Fermons nos yeux pour les faire luir.
(C) Pierre Derrier 2005
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