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PIERRE DERRIER - #203293

UNIVERSITAD DE LAS AMERICAS

Cholula, Puebla

MEXICO

 

 

 

 

 

 

 

MANAGEMENT DE CONNAISSANCES

NONAKA & TAKEUCHI : CREATION DE CONNAISSANCES DANS L’ENTREPRISE

 

 

PLAN :

1 – VOUS AVEZ DIT : MANAGEMENT DE CONNAISSANCES ?

2 – LES TRAVAUX DE NONAKA ET TAKEUCHI

3 – QUELLES APPROCHES CONCRETES POUR L’ENTREPRISE ?

 

 

 

 

 

 

1 – VOUS AVEZ DIT : MANAGEMENT DE CONNAISSANCES ?

 

L'objectif principal du management des connaissances est d'augmenter la valeur du capital immatériel de l'entreprise, et de transformer les compétences humaines (le capital humain) en un capital incorporé et imbriqué dans la structure de l'entreprise.

En codifiant les connaissances des salariés, sous forme de textes et chiffres, dans une ou plusieurs bases de données, ces actifs peuvent être partagés par d'autres employés dans d'autres parties de l'entreprise (Sveiby, 1998).

 

Le concept de connaissance fait l’objet de très nombreux débats. Il existe ainsi une fracture entre les taxonomistes classifiant les différents types de connaissance et leurs implications en fonction des objectifs qu’ils poursuivent, et les chercheurs qui tentent de modéliser la connaissance dans l’organisation.

 

Nonaka & Takeuchi définissent la connaissance comme l’ensemble des perceptions cognitives, des compétences, du savoir-faire ou encore de l’expertise, intégrés dans les produits ou services.

 

 

 

 

2 – LES TRAVAUX DE NONAKA & TAKEUCHI

 

Nonaka, dans un article fondateur, propose une approche de création de savoir dans l’organisation. La thèse principale de l’auteur est que le processus d’innovation intervient par un dialogue continu entre savoir tacite et savoir explicite (ou formalisé).

En soulignant  l’importance de la part du savoir dans les sociétés complexes, Nonaka appelle à un  changement de la conception de l’innovation dans les grandes organisations, et en particulier à une rupture par rapport à la perception de ces dernières comme de simples outils de  traitement de l’information ou de résolution de problème. Aussi, « l’organisation doit-elle être  étudiée du point de vue du comment elle crée de l’information et du savoir, plutôt que du comment elle traite ces entités ».

Ce point de vue constitue une rupture par rapport à l’approche antérieure (Itami). Le modèle de Nonaka est défini dans une perspective universelle. Il est destiné à expliquer les mécanismes d’innovation dans les organisations, qu’elles soient publiques ou privées, à vocation économique ou non, et quel que soit le contexte culturel ou concurrentiel considéré. La théorie développée vise à montrer comment le savoir est détenu par les individus et les organisations et comment son développement peut être assuré par une spirale amplifiée entre savoir tacite et savoir formalisé.

 

 

Nonaka suggère quatre modes de conversion de savoir dans les organisations :

-         du savoir tacite vers le savoir tacite ;

-         du savoir explicite vers le savoir explicite ;

-         du savoir tacite vers le savoir explicite ;

-         du savoir explicite vers le savoir tacite.

 

Cette distinction a des implications fondamentales du point de vue du management de l’entreprise. Elle permet de mettre en évidence des enjeux extrêmement opérationnels qui peuvent produire, par exemple :

-         destructions fortuites de mécanismes patiemment mis en œuvre

-         externalisation de processus ou de ressources clés, de nature plus ou moins tacite.

 

Dans un ouvrage récent, Nonaka et Takeuchi (1995) ont repris certaines de ces analyses,  notamment autour de deux thèmes :

 

-         les 5 conditions de facilitation de la création du savoir organisationnel

- l’intention

- l’autonomie

- le chaos créatif

- la redondance

- la variété requise

 

-          les 5 étapes nécessaires à cette création.

o       partage de savoir tacite ;

o       création de concept ;

o       justification de concepts ;

o       construction d’un archétype ;

o       diffusion du savoir.

 

2.1 - La connaissance tacite

 

La connaissance tacite peut être définie comme une connaissance qui est personnelle, spécifique à un contexte donné et difficile à articuler en un langage formel. Elle peut être très difficile à communiquer ou à partager avec les autres et se caractérise par l’idée que « we know more than we can tell ». Elle est ainsi la connaissance acquise par l’expérience, c’est pourquoi elle reste difficile à formaliser et à communiquer.

 

Cette connaissance tacite peut être détenue individuellement ou collectivement, par des expériences ou interprétations d’événements partagées.

La connaissance tacite individuelle peut se trouver dans :

-         les schémas mentaux

-         le savoir-faire

-         les habitudes

-         la connaissance abstraite des individus

La connaissance tacite collective quant à elle réside typiquement dans :

-         les schémas de réflexion du top management

-         les consensus organisationnels sur les expériences passées

-         les routines de la firme

-         la culture de l’entreprise

-         les cultures professionnelles

 

(Lyles et Schwenk, 1992 ; Nelson et Winter, 1982 ; Nonaka et Takeuchi, 1995)

 

2.2 - La connaissance explicite

 

Si la connaissance tacite est difficile à articuler et difficile à transférer, la connaissance explicite est juste le contraire. La connaissance explicite est ce que nous assimilons à travers l'éducation formelle (Comte et Scott, 1998). Elle a été articulée, elle a été capturée et elle est partagée à travers un vocabulaire analytique et rationnel, en mots précis et en nombres qui veulent dire quelque chose. Ce genre de connaissance peut donc être traité par ordinateur, peut être facilement transmise de manière électronique et entreposée dans des bases de données.

 

 

Dans la littérature sur le management des connaissances, certains auteurs accentuent leur développement sur la connaissance explicite et d’autres sur la connaissance tacite. Par exemple, en occident, le souci a généralement été le contrôle de la connaissance explicite. Au Japon, par contre, la connaissance tacite s'est vue accordée beaucoup plus d'importance.

En France ou aux Etats-Unis, il y a plus d'emphase sur la collection, la distribution, et la réutilisation de la connaissance explicite par les solutions techniques,

comme des systèmes d'information. L'approche japonaise s'efforce d'établir les conditions qui encouragent la création de nouvelles connaissances par la socialisation et le partage oral de la connaissance tacite.

 

 

 

3 – QUELLES APPROCHES CONCRETES POUR L’ENTREPRISE ?

 

 

3.1 - L’approche « Ressources Humaines ».

 

Développé par les consultants d’entreprise (Davenport, Sveiby, Prax, Stewart) et les cadres d’entreprise, cette approche souligne l’existence d’un lien fort entre les connaissances et la personne qui les a créées ou qui les incorpore.

Cette approche met l’emphase sur la mise en place d’une culture d’entreprise basée sur la bonne communication, où tout est conçu et fait pour encourager le partage des connaissances entre personnes d'une même communauté, et stipule que les connaissances sont principalement partagées à travers les contacts personnels.

Pour les adeptes de ce courant de pensée, l’informatique est là pour renforcer la communication des connaissances entre personnes et pas pour stocker les connaissances.

Pour toute entreprise qui souhaite capitaliser ses connaissances, sans pour autant remettre en cause fondamentalement son fonctionnement et s'inscrire dans une gestion intégralement basée sur la création de connaissances organisationnelles, telle qu'elle est préconisée par Nonaka et Takeuchi, la question du "comment capitaliser" devra trouver sa place au sein de la politique de GRH existante.

           

 

3.2 - L’approche « informatique »

 

Toujours développé par les praticiens (consultants, cadres, informaticiens) essentiellement, cette approche met l'emphase sur la capture, la codification et le stockage des connaissances dans des bases de données. Les connaissances doivent être stockées dans des archives et des GED (systèmes de gestion électronique documentaire) de manière à les rendre accessibles à tout le monde.

Elles consistent en une explicitation des connaissances sur un support informationnel, suivie d’une classification en vue d’une exploitation ultérieure. Cette explicitation s’appuie sur des modèles prédéfinis renseignés par les «porteurs de la mémoire » ou experts.

Rappelons ici que seules des informations peuvent être stockées et que, quelle que soit la démarche, ce sont ces informations qui permettront de réactiver ou de stimuler les connaissances.

Nous classerons dans cette catégorie les méthodes constitutives de mémoires de projet qui capitalisent «les connaissances et informations acquises et produites au cours de la réalisation de projet ». Ces méthodes ont fait l’objet de différents travaux de classification. On peut citer les méthodes de capitalisation des connaissances comme IBIS ou QOC dans le domaine du Design Rationale. D’autres méthodes, implantées plus largement dans l’organisation et ayant vocation à intégrer une véritable gestion des connaissances, peuvent être rattachées à cette famille. Il s’agit de CommonKADS8, la méthodologie la plus courante en ingénierie des connaissances, qui intègre dans son analyse non seulement l’acquisition des connaissances mais également leur partage et leur communication, et enfin MKMS.

 

Les modèles de connaissances obtenus sont intégrés au système d’information de l’entreprise afin que tout utilisateur, au regard des autorisations d’accès prédéfinis, puisse les consulter.

Ces démarches ne permettent de conserver qu’imparfaitement la connaissance mais elles incitent à une créativité importante. En effet, elles obligent, les «fournisseurs» de connaissances à un exercice d’introspection sur les connaissances utilisées dans leur activité. De plus, elles amènent les utilisateurs à ré-interpréter les connaissances, soutenant ainsi la culture d’entreprise.

 

            Sur le plan théorique, parler de mémoire organisationnelle et de management de connaissances, c’est considérer d’emblée que l’entreprise est une organisation vivante, et que sa réalité va au-delà de la somme des individus qui la composent. C’est aussi l’inscrire dans une perspective dynamique en considérant que sa finalité est de créer de la valeur, à partir des savoirs cumulés et accumulés.

 

 

 

SOURCES :

- Conférence de l'Association Internationale de Management Stratégique - Les Côtes de Carthage – 3, 4, 5 et 6 juin 2003

- « Knowledge Management » - http://www.syre.com/Nonaka.htm

 

 

Pierre Derrier    #203293

pierre.derrier@laposte.net

 

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